
Vendredi 13 janvier dernier, Chantal Noël a convoqué ses proches à l’Hôtel de Ville pour leur communiquer ses bons voeux. Elle a profité de l’occasion pour évoquer son bilan politique et ses perspectives à court, moyen et plus long terme.
Voici son discours dans son intégralité:
Discours de Chantal Noël – Vœux 2012 – Bilan et perspectives
13 janvier 2012
Sortir vivante de l’accident du 02 août a enclenché chez moi un immense sentiment de gratitude et une urgence de vivre.
Au cours des longues semaines d’inactivité forcée, j’ai eu le temps de penser et de faire le bilan, pas tellement de ce que j’ai fait, mais plutôt des rencontres qui m’ont étés précieuses, et des projets que j’aurais regretté de ne pas avoir réalisés si j’avais du mourir à ce moment.
Il était donc important, en ce début d’année, maintenant que je suis quasi-réparée, de réunir les personnes qui sur ma route d’Echevine, longue de 11 années déjà, m’ont émerveillée, encouragée, conseillée, rassurée, portée même, non seulement par leurs mots mais surtout par leurs exemples de vies et d’engagements.
Ces personnes, c’est vous ! Souvent on m’a dit que j’étais une rassembleuse, soucieuse de convivialité et de mise en synergie.
Martin Luther King a dit un jour :
« Je suis convaincu que nous devons apprendre à vivre ensemble comme des frères, sinon nous allons mourir ensemble comme des idiots ».
J’opte résolument pour la première alternative !
Quand un échevin a quelque chose d’important à annoncer, en général il convoque la presse mais je ne suis pas et n’ai jamais été une « femme – ni une fan – de médias ». Je remercie les deux journalistes qui ont ma confiance et que je suis heureuse de voir parmi les personnes qui m’ont soutenues.
J’ai choisi de vous réunir « vous », les personnes que j’aime et admire.
Vous exprimer ma reconnaissance sera donc le PREMIER POINT DE CE DISCOURS.
Le DEUXIEME POINT sera un court exposé des priorités que j’ai choisie pour notre Ville, dans le cadre de mes compétences, au cours de cette année 2012. Merci à Freddy Thielemans et à mes collègues du Collège qui, grâce à un budget voté de commun accord, me permettent de pouvoir envisager la réalisation de ces priorités.
Et enfin, en TROISIEME POINT, je souhaite vous parler de mes projets d’avenir.
POINT 1 : VOUS REMERCIER :
Vous remercier pour tout ce que vous m’avez donné à l’un ou l’autre moment de ces onze premières années, et parfois tout au long de celles-ci est pour moi essentiel.
J’aurai trouvé sympa de tous vous nommer avec un mot personnel, mais je risque de vous lasser ou d’en oublier certains. Je vais quand même passer en revue tous mes mercis sans tenir compte ni du protocole ni d’une quelconque hiérarchie. Je vous demande de ne vraiment pas m’en vouloir si je commets des indélicatesses. Soyez déjà convaincu d’une chose : si vous êtes ici, c’est que vous faites partie de /êtes mes « préférés ».
1. Ma famille
Je commence par remercier
* mon homme, Guy Levacq qui, gallament, m’a cédé la place et m’a laissé faire à ma façon même si parfois ça le faisait rager,
* mes enfants mais tout spécialement Stanislas qui a 18 ans exactement aujourd’hui et qui, donc, fêtait ses 7 ans à mes débuts. Il a trouvé en l’Hôtel de Ville une salle de découvertes formidable. Pour laisser sa maman travailler le mercredi après-midi – chose assez nouvelle pour lui, il a également poursuivi ses découvertes dans les Musées de la Ville accompagné par Barbara que je remercie tout spécialement pour toutes les bonnes paroles qu’elle m’a dites au sujet de mon fils.
2. Les membres de mon Cabinet,
Chacun d’entre eux a du au moins une fois, si pas 100 fois m’empêcher de démissionner. La palme d’or revient à Luc De Ridder, mon premier chef de Cabinet. Il avait l’art de trouver les paroles convaincantes, rassurantes, calmantes et l’a bien transmis à Xavier et Mireille qui lui ont succédé…
Quant à Robert, mon premier chauffeur, il arrivait dans ces moments délicats, à me faire bien rire.
La bonne énergie de chacun m’a permis au fil du temps de me sentir plus confiante et détendue et d’être toujours connectée à une énergie positive de travail au sein du Cabinet.
3. Les membres des Conseils Consultatif :
Qui par leur engagement fidèle se sont impliqués dans la réflexion et l’action à mes côtés, aux côtés de l’administration et donc au côtés du Collège.
Je remercie la CCFamille qui est à l’origine des Babykots et tout spécialement Maria Beckaert qui, avec ma maman, ont mené ce projet avec conviction. C’est grâce à elles deux (et bien sûr au Collège) et à leur ténacité qu’un service famille a pu être envisagé au sein de l’administration.
4. Toute ma gratitude également au personnel de l’administration.
Pouvoir s’appuyer sur des personnes qui ont l’histoire de la Ville en tête et le désir du travail bien fait a été ma chance.
Merci Monsieur Eloot pour vos longues explications sur la situation des Fabriques d’Eglises.
Merci Monsieur De Proft pour votre rigueur au sein de la Centrale d’Achats …
Et merci Jan Michiels pour votre disponibilité à toute heure (jour/nuit, semaine et week-end) pour assumer la logistique hallucinante qu’exige une Ville toujours en mouvements.
5. Merci aux associations qui sont le fondement de notre Ville :
Vous alliez réflexion et action avec une pertinence et une lucidité rares. J’ai toujours voulu rester branchée à la vie de quartier, au « terrain » comme on dit. Et c’est grâce à vous, bien souvent, que je le suis restée. Par vos invitations à m’exprimer, à vous écouter, à fêter ensemble… Vous m’avez toujours émerveillé par votre courage et votre enthousiasme, votre sens du bien commun et de la justice.
6. Merci aux membres de la Plateforme :
J’ai un merci tout particulier pour Anne-Marie Hendrick. Non seulement pour toutes les bonnes idées qu’elle a partagées au jour le jour (7 années = 2555 idées) mais spécialement pour sa bonne idée de lancer une Plateforme interconvictionnelle locale.
Merci à Karema d’en être aujourd’hui l’âme.
Mon souhait pour l’avenir de cette plateforme est qu’elle reste ouverte à toutes personnes voulant s’impliquer dans le dialogue et renforcer le respect dans les relations quotidiennes pour le « bien vivre » ensemble. Je désire qu’elle soit reconnue comme « d’utilité publique » par la Ville afin qu’elle ait un ancrage dans l’administration et dans les préoccupations du prochain échevin des Cultes.
7. Des amis des différents partis ont été pour moi importants.
Bien sûr, aucun parti n’est parfait et dans tous les partis il y a des personnes formidables. Je ferai quelques mentions spéciales mais vous rappelle que tous, si vous êtes présents ici, êtes importants pour moi.
Didier Wauters, notre président local. Son enthousiasme et son dynamisme à toute épreuve m’ont impressionnés.
André du Bus, président régional cdH, dont la sagesse des conseils m’a permis de slalomer entre les obstacles.
Corinne de Henau, infatigable femme aux côtés des femmes.
Benoit Gosselin, conseiller sportif dans le dossier le plus dur de ma courte vie d’Echevine des Sports. Des conseils qui, s’ils avaient été entendus auraient changé le cours de l’Histoire.
Philippe Close, médaillé pour les mêmes raisons.
Myriam Hendrick, pour les échanges toujours sereins et sa maîtrise des dépenses financières de la Ville.
Et Marie-Hélène Simons, pour ses constants encouragements qui m’allaient droit au coeur.
8. Le personnel de l’Hôtel de Ville et Marguerite d’Autriche.
Le personnel de l’Hôtel de Ville, par sa gentillesse, ses sourires, et son travail m’ont facilité le quotidien dans mon bureau entretenu à la perfection. Spécialement pour le responsable de la pendule, pour les coups de pouce étiquettes des huissiers.
Sans oublier Marguerite d’Autriche, qui a eu 532 ans ce 10 janvier. Née à Bruxelles en 1480 et qui, du haut de son cheval, digne et fière, me faisait relever la tête les matins fatigués.
9. Le réseau des priants du matin
Qui a été pour moi un véritable filet de sécurité. Chaque jour la prière d’Etty Hillesum (Grande figure de la spiritualité contemporaine, né le 15 janvier 1914, et décédé à Auschwitz en 1944)
Sa prière : « Seigneur, que puis-je faire pour t’aider aujourd’hui ?»
10. Les membres d’Altercité,
Avec Clotilde Nyssens et quelques personnes remarquables, nous avons fondé ce groupe.
Ensemble nous réfléchissons à la manière d’agir en Chrétien dans le monde d’aujourd’hui. Je les remercie pour ces bons moments de respiration intellectuelle, de réflexion, d’action et d’amitié …
11. Je tiens tout particulièrement à citer mon équipe soignante et gagnante.
Une vie d’échevine est une véritable compétition sportive et grâce à leur vigilance et compétence, Lydia Ledouble, mon ostéopathe et le docteur Fafchamps, mon médecin homéopathe, ont veillé sur moi.

POINT 2 : PRIORITES POUR 2012 :
Concevoir un projet, savoir qu’il est impossible et le réaliser !
Voila une parole de Elder Kamara qui m’a toujours portée à être patiente et persévérante. Je m’engage encore à une année de persévérance politique au cours de laquelle j’ai encore des projets en chantier. Je veux :
1. Consolider les équipes et les actions au service des générations (Année 2012, année européenne du vieillissement actif et de la solidarité entre les générations)
2. Relancer le Conseil Consultatif des Familles et renforcer le CCSeniors comme lieu de participation et d’échanges des acteurs associatifs de l’ensemble des quartiers de la Ville.
3. Cultiver le label OMS, Ville amie des aînés
4. Péréniser la Plateforme comme organe de fraternité et de résistance au repli sur soi et aux conflits dits « religieux ».
5. Déployer la solidarité des seniors Bruxellois avec les seniors de Bukavu en synergie avec l’asbl Brissi des solidarités internationales.
6. Imaginer une alternative à l’accueil en crèche.
Je pense qu’ensuite il sera bon de passer le témoin et de souhaiter à la personne qui prendra le relais autant de plaisir à ce travail que j’en ai déjà pris et que je continuerai à prendre jusqu’au bout.

POINT 3 : MON AVENIR
En 58 ans
J’ai navigué d’émerveillement en indignation, d’engagements en actions et réalisations.
J’ai très tôt vibré au sens du bien commun grâce à
mes parents et mes 6 frères et sœurs,
aux évènements de ma vie,
à mes bonnes lectures et découvertes artistiques ainsi tout spécialement l’exposition « 6 milliards d’autres » qui m’a tout bonnement conduit à repenser mon rapport au monde.
Pour l’année de mes 60 ans (2013), j’ai décidé de vivre la seule chose que j’aurais regretté si j’étais morte le 02 août dernier.
Mon souhait de retourner dans mon pays de naissance, le Sud Kivu m’habite depuis bien longtemps ! (43 ans).
Et c’est grâce à Laurent Velghe (VSK-MOC), qu’enfin j’ai renoué avec mon pays de naissance.
J’y ai rencontré des personnes courageuses, solidaires, inventives, soucieuses du bien-être, du bien vivre de leur concitoyens.
J’ai déjà pu m’y impliquer, sporadiquement lors de courts séjours, y lancer les WWM, y faire construire le réservoir d’eau, y tisser des liens avec le Wazee Wetu et je me prépare à aller y enseigner ce que j’ai pratiqué 24 ans avant d’être élue : la kiné.
Imprégnée du magnifique témoignage relaté dans le livre « Quand l’exclu devient l’élu » de Michel et Colette Collard, mon bonheur sera bientôt d’y vivre proche de la population, dans les mêmes conditions, telle que je suis : sans prétention mais avec tout mon amour.
Mais si moi je quitte la politique dans une année, quelqu’un parmi nous va s’y lancer.
Vital Barolhéré : Merci à toi Vital pour ce choix audacieux, généreux, un peu fou de repartir dans ton Kivu natal pour tenter d’y changer la vie du peuple.
Ton épouse, qui s’appelle Espérance, et tes trois enfants sont tout aussi remarquables de te laisser partir.
Avec tes frères et sœurs tu feras vraiment grandir l’espérance de tout un peuple.
Et c’est sur ce titre du livre d’Edgar Morin et de Stéphane Hessel, « Le Chemin de l’espérance » que je voudrais terminer.
Deux hommes. Âgés. Proposent une voie politique de salut public.
Je vous l’offre ce soir.
Je nous souhaite à tous pour 2012 360 pas sur le chemin d’une espérance puissante et joyeuse qui libère des peurs et ouvre à l’audace et à la fraternité.
Et je termine par les quelques mots finaux du film « La cité de la joie » : tout ce qui n’est pas donné, est perdu. Voila une devise qui peut nous mener sur les chemins de l’espérance.
Bonne année 2012 !